Jeudi 24 avril 2008
L’INCONNU
Au réveil, elle éprouve une sensation bizarre. Un événement exceptionnel va se produire aujourd’hui, mais elle ne sait
pas lequel.
Après le déjeuner, la domestique, qui est allé chercher le courrier, tend une lettre à Manon.
- C’est pour vous, mademoiselle.
Manon prend l’enveloppe, la décachette fébrilement, déplie la feuille et lit les quelques mots griffonnés d’une écriture penchée.
« Je viendrai cet après-midi. Je pourrai enfin te serrer dans mes bras et t’aimer. Nous ne nous quitterons plus ma chérie. Charles-Henri »
La main de Manon tremble. Elle avale difficilement sa salive. Il va venir. Elle sent une douce chaleur l’envahir. Elle a l’impression d’avoir la fièvre, ses joues, son front sont brûlants.
« Il va venir » répète-t-elle, elle va enfin faire sa connaissance. Les battements de son cœur s’accélèrent. Elle monte précipitamment dans sa chambre, choisit une tenue qui met sa silhouette en valeur. Elle s’assoit devant sa coiffeuse et, avec application, commence le brossage de sa chevelure. Elle veut qu’il soit en admiration devant elle, elle veut le subjuguer, l’éblouir, lui faire regretter de n’être pas venu plus tôt. Elle sait qu’il l’aime.
Les aiguilles de l’horloge avancent inexorablement. On peut entendre le bruit sourd que font les secondes sur le cadran. Manon se contemple une dernière fois dans son miroir et semble satisfaite de l’image qu’il lui renvoie. Elle pose le pied sur la première marche du grand escalier lorsque soudain, le doux tintement du carillon de l’entrée résonne. Elle se fige, la main crispée sur la rampe.
- Bonjour ! Mademoiselle Manon doit m’attendre, veuillez lui annoncer mon arrivée, je vous prie. Mon nom est Charles-Henri.
Il a une belle voix grave, sensuelle. Manon se retient de ne pas descendre quatre à quatre les marches. Elle n’a plus qu’un souhait, le voir, se précipiter dans ses bras et lui dire qu’elle l’aime et qu’elle veut vivre auprès de lui.
Elle le voit. Il est dans le hall, il l’attend. Elle peut l’observer à sa guise sans crainte d’être vue. Il est beau, grand, fort, un port de tête altier comme elle se l’est imaginé depuis six mois, depuis qu’elle sait, qu’un jour prochain, il va venir la chercher. Il est élégant. Il est vêtu d’un pantalon de velours marron et d’une veste en tweed qui laisse découvrir une chemise d’un blanc immaculé. Ses cheveux, coupés courts, sont noirs d’encre. Une moustache, taillée impeccablement, souligne sa lèvre supérieure. Elle ne voit pas ses yeux, elle suppose qu’ils sont bleus, comme les siens.
Manon se décide enfin à franchir les derniers mètres qui la séparent de cet homme qu’elle aime déjà.
Charles-Henri lève les yeux et regarde la gracieuse silhouette qui s’avance vers lui. Il est ébloui par tant de beauté. Il reste figé, incapable de faire un seul geste.
- Je suis si heureuse de te connaître enfin, prononce Manon, très émue, en se précipitant dans les bras de son père.
Après le déjeuner, la domestique, qui est allé chercher le courrier, tend une lettre à Manon.
- C’est pour vous, mademoiselle.
Manon prend l’enveloppe, la décachette fébrilement, déplie la feuille et lit les quelques mots griffonnés d’une écriture penchée.
« Je viendrai cet après-midi. Je pourrai enfin te serrer dans mes bras et t’aimer. Nous ne nous quitterons plus ma chérie. Charles-Henri »
La main de Manon tremble. Elle avale difficilement sa salive. Il va venir. Elle sent une douce chaleur l’envahir. Elle a l’impression d’avoir la fièvre, ses joues, son front sont brûlants.
« Il va venir » répète-t-elle, elle va enfin faire sa connaissance. Les battements de son cœur s’accélèrent. Elle monte précipitamment dans sa chambre, choisit une tenue qui met sa silhouette en valeur. Elle s’assoit devant sa coiffeuse et, avec application, commence le brossage de sa chevelure. Elle veut qu’il soit en admiration devant elle, elle veut le subjuguer, l’éblouir, lui faire regretter de n’être pas venu plus tôt. Elle sait qu’il l’aime.
Les aiguilles de l’horloge avancent inexorablement. On peut entendre le bruit sourd que font les secondes sur le cadran. Manon se contemple une dernière fois dans son miroir et semble satisfaite de l’image qu’il lui renvoie. Elle pose le pied sur la première marche du grand escalier lorsque soudain, le doux tintement du carillon de l’entrée résonne. Elle se fige, la main crispée sur la rampe.
- Bonjour ! Mademoiselle Manon doit m’attendre, veuillez lui annoncer mon arrivée, je vous prie. Mon nom est Charles-Henri.
Il a une belle voix grave, sensuelle. Manon se retient de ne pas descendre quatre à quatre les marches. Elle n’a plus qu’un souhait, le voir, se précipiter dans ses bras et lui dire qu’elle l’aime et qu’elle veut vivre auprès de lui.
Elle le voit. Il est dans le hall, il l’attend. Elle peut l’observer à sa guise sans crainte d’être vue. Il est beau, grand, fort, un port de tête altier comme elle se l’est imaginé depuis six mois, depuis qu’elle sait, qu’un jour prochain, il va venir la chercher. Il est élégant. Il est vêtu d’un pantalon de velours marron et d’une veste en tweed qui laisse découvrir une chemise d’un blanc immaculé. Ses cheveux, coupés courts, sont noirs d’encre. Une moustache, taillée impeccablement, souligne sa lèvre supérieure. Elle ne voit pas ses yeux, elle suppose qu’ils sont bleus, comme les siens.
Manon se décide enfin à franchir les derniers mètres qui la séparent de cet homme qu’elle aime déjà.
Charles-Henri lève les yeux et regarde la gracieuse silhouette qui s’avance vers lui. Il est ébloui par tant de beauté. Il reste figé, incapable de faire un seul geste.
- Je suis si heureuse de te connaître enfin, prononce Manon, très émue, en se précipitant dans les bras de son père.
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